10/02/’26 (3 min)

Après ma dernière relation, j’ai fait exactement ce que j’avais déjà fait tant de fois auparavant. Oui, il y a eu de la tristesse. Dans mon cas, elle était profonde, car au fond de moi je sentais que cette relation touchait quelque chose de très intime. Je ressentais fortement d’être face à ma twinflame (jusqu’à présent, je n’avais jamais entendu parler de ce terme), celle qui met en lumière nos zones d’ombre, nos blessures, nos mécanismes inconscients.

Et cela crée de l’inconfort. Alors, au lieu de travailler sur ces parts de nous-mêmes, nous préférons souvent nous jeter dans la relation suivante, ou nous perdre dans d’autres distractions quotidiennes comme la musique, le travail, les pensées, l’activité constante.

Avec cette pensée rassurante en toile de fond: « j’ai appris de mes erreurs, la prochaine fois ce sera différent ».
Mais si je démarre une nouvelle relation trop vite, n’est-ce pas parce que je cherche quelque chose chez l’autre? Je cherche ce que cette personne peut m’apporter, ce qu’elle va éveiller en moi, ce qu’elle va combler. Et lorsque, après quelques mois ou quelques années, cela n’opère plus de la même façon, la relation s’essouffle et finit souvent par s’arrêter. Cela ressemble à un cycle. Et c’est précisément ce cycle que ma dernière relation m’a permis de voir clairement.

Il n’y a rien de plus douloureux et de plus beau à la fois que de vivre une relation avec quelqu’un qui te pousse à réfléchir, qui rouvre d’anciennes blessures, qui te confronte à tes traumatismes et t’invite à les regarder autrement. Ces relations-là nous font grandir en tant qu’âme.

 

C’est alors que j’ai fait un choix conscient: ne rien commencer de nouveau pendant un certain temps. Accueillir ma tristesse. Ne pas me réfugier dans les distractions, ne pas initier une nouvelle relation, et observer ce qui allait se passer.

À travers de nombreuses crises de larmes, j’ai découvert quelque chose d’essentiel: j’avais sans cesse cherché à l’extérieur ce qui pouvait combler un vide à l’intérieur de moi. Et alors surgit cette question que nous avons déjà tant entendue, mais à laquelle nous nous arrêtons si rarement vraiment. Une question qui vit surtout au niveau intellectuel, mais que nous prenons rarement le temps de ressentir avec le cœur, car il est tellement plus facile de continuer comme avant.

La question est simple, et pourtant immense:
Qu’est-ce que je cherche chez l’autre que je n’arrive pas pouvoir me donner à moi-même?
Comment puis-je combler ce vide par quelque chose que je peux m’offrir, sans aller le chercher chez quelqu’un d’autre?

En choisissant consciemment de rester seul pendant un temps, malgré l’envie de fuir ce vide et de recommencer une relation pour ne pas le ressentir, une découverte a commencé. Lentement, des réponses ont émergé et émergent encore. Elles sont différentes pour chacun, mais elles ramènent presque toujours au même point: l’amour de soi, ou plus précisément le manque d’amour de soi.

Avec le temps, j’ai commencé à voir que, dans certaines relations, je m’étais parfois trop donné. Ce « trop donner » pouvait prendre des formes extrêmes, parfois jusque dans des préférences intimes que j’ai découvertes chez moi. Mais en regardant honnêtement, je me suis rendu compte que ce don excessif, que je ne percevais pas comme tel à l’époque, était une manière d’espérer recevoir de l’amour en retour. Un amour que je ne m’accordais pas à moi-même.

Peut-être serait-il plus juste de travailler d’abord sur notre propre complétude, jusqu’à un point où une relation devient un enrichissement, une belle addition, et non un moyen de combler un manque. Car plus une relation est fondée sur un vide intérieur, plus le risque est grand qu’elle ne tienne pas dans le temps, même si sur le moment nous y croyons profondément.

Avoir une relation, c’est comme tenir du sable dans sa main. Si la main est trop ouverte, le sable s’échappe. Si l’on serre trop fort, il glisse malgré tout entre les doigts.

Si, en lisant mon expérience, tu te poses toi aussi des questions, il est possible que cela résonne avec quelque chose de vivant en toi, quelque chose qui demande de l’attention. La seule vraie question est alors: vas-tu prendre le temps d’écouter, ou continuer tranquillement comme la plupart des gens le font?

Et sache ceci: plus tu te rapproches de ta propre complétude, plus la « bonne » personne aura naturellement envie de rester, Et ce qui n’est pas juste pour toi, tu pourras le laisser partir avec beaucoup plus de douceur et de facilité.

Avec bienveillance,

Cornelius